Le jugement du public est subordonné à l’idée qu’il se fait de la réalité

Au théâtre, le sens du toucher ne s’exerce jamais.

Une troisième cause, parmi beaucoup d’autres que nous pourrions encore citer, est le dédain irréfléchi de l’école pour la psychologie et pour la morale. Alors le choeur s’ébranle, entraîné par ce mouvement de poignante curiosité qui pousse les foules au-devant des spectacles tragiques. Mais je ne puis taire que si M. Combien seront différents les effets que l’on devra se proposer d’obtenir dans la représentation de _l’Ami Fritz_, de MM. Le public actuel s’intéresse donc moins à l’homme en général qu’aux hommes en particulier, et ne conçoit pas plus ceux-ci soustraits à toutes les conditions de climat, de race, de tempérament et de milieu social, qu’il ne les conçoit dégagés des influences extérieures, des circonstances et des faits. Les comédiens qui traduisent sur la scène ces combinaisons originales et fantaisistes doivent s’y sentir dégagés du monde réel, sans quoi ils se trouveraient aussi mal à l’aise sur la scène que nous pourrions nous trouver gênés de nous voir en habit d’Arlequin dans la compagnie de gens graves et sérieux.

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