Toutefois, et c’est ici le point intéressant, ce n’est qu’à une époque relativement récente que la

Il faut donc la traiter comme un peintre traite les masses, c’est-à-dire sacrifier le détail particulier à l’ensemble. Confusion fréquente.

C’est en même temps l’étrangeté et la vérité relative de ce rapprochement qui en constitue le piquant et l’originalité. Nous goûtons donc un art que nos pères n’auraient pas apprécié, et, en dépit de son infériorité, nous éprouvons des charmes secrets à pénétrer dans les replis des êtres et des choses. Supposez, par exemple, qu’une violente querelle, s’élève entre deux hommes irascibles et que vous eu soyez les témoins, ne frémirez-vous pas si vous apercevez un couteau placé sur une table à portée de ces deux hommes? Eh bien, le spectateur est un témoin qui calcule les conséquences fatales d’un fait; et que ce soit au théâtre ou dans la vie réelle, la vue du couteau déterminera la même émotion, qui dans les deux cas sera identique, en qualité sinon en quantité. Maintenant qu’ils sont devenus eux-mêmes l’antiquité, ce sont eux qui nous intéressent, et, à la distance où nous sommes d’eux, nous les confondons volontiers avec leurs héros et avec leurs dieux mêmes, ce qui prouve bien que ce monde mythologique, héroïque et historique n’existe à l’état décoratif que dans notre propre imagination. Après cette courte digression, je reviens à _Phèdre_, dont il me reste à examiner quelques-unes des dispositions scéniques, en les rattachant à une étude générale. En tout cas, il ne peut y avoir plusieurs manières également bonnes d’opérer cette division.

Si je n’ai parlé que des chefs-d’oeuvre classiques, c’est d’abord qu’eux seuls nous font éprouver cette sensation dans toute son intégrité et qu’ensuite je n’ai pas la prétention de juger sommairement les écrivains et les poètes de mon époque. J’ajouterai une remarque générale pour clore ce chapitre.

A cela on peut toutefois répondre que la représentation devait forcément opérer la division des tableaux, dont la répartition en cinq actes a été le résultat d’un travail critique réfléchi, peu de temps après la mort de Shakspeare, et à laquelle il est assez raisonnable de nous tenir.

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