Mais les hommes, ai-je besoin de l’ajouter, sont de complexion différente

Or comme au théâtre il ne s’agit jamais que de la représentation de la vie et de tous les actes qui la composent, ni l’auteur, ni le metteur en scène, ni les acteurs ne doivent s’attacher à reproduire la réalité, mais seulement l’image qui est la représentation idéale du réel.

Les sensations tactiles ne figurent que comme des sensations ordinairement associées à des sensations optiques, et la sûreté de nos appréciations est au théâtre constamment mise en défaut par la distance. Mais quelle était alors la grandeur tragique ou la profondeur comique du spectacle qu’offraient aux esprits, longuement préparés à le comprendre et à le goûter, la rencontre et le conflit de ces personnages plus vrais que la réalité elle-même! L’intérêt de ce jeu poétique était si puissant, que le reste était de peu d’importance: ce n’était qu’une affaire de convention définitivement et préalablement réglée entre le poète et le spectateur. On atteint une vraisemblance et une exactitude suffisantes quand les images que l’on produit aux yeux des spectateurs s’accordent avec les types qui se sont formés dans l’imagination de la plupart des hommes de notre temps.

De la couleur locale.

Sans doute ces deux arts se pénètrent réciproquement. C’est précisément ce que nous allons voir en examinant les costumes de _Phèdre_. CHAPITRE XV Rapports de la mise en scène avec le milieu dramatique. Trois dragons d’azur rayonnent jusqu’au col. En se plaçant à un point de vue littéraire, on peut dire que, dès que le poète, par ses inventions déréglées, impose une mise en scène inconciliable avec les lois pourtant complaisantes de la perspective théâtrale, il fait oeuvre de poète épique, pour lequel la distance n’existe pas, et non de poète dramatique, qui doit se renfermer dans le lieu immédiat de l’action.

Mais chaque cas doit d’ailleurs être étudié en lui-même. Que pourrait dire Sûzel et quelles paroles vaudraient l’éloquence de cette phrase musicale, qui arrive au public grossie de tous les sanglots qui gonflent le coeur de l’abandonnée? C’est là une belle fin dramatique, où, il est vrai, le sentiment l’emporte sur l’idée, mais qui est conforme à l’esthétique du drame moderne.

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