Mais si l’auteur s’avise de faire de l’archéologie morale et veut nous intéresser au chagrin particulier

Or, dans une société démocratique, c’est une compensation qu’il n’est pas permis de négliger et qu’on serait même coupable de ne pas rechercher.

Si je n’ai parlé que des chefs-d’oeuvre classiques, c’est d’abord qu’eux seuls nous font éprouver cette sensation dans toute son intégrité et qu’ensuite je n’ai pas la prétention de juger sommairement les écrivains et les poètes de mon époque. Il est particulièrement un point important sur lequel elle se trompe étrangement. Dans le monde, aussi bien que sur le théâtre, le costume est une partie visible de nous-même; c’est lui qui, avec notre figure et nos mains, compose notre aspect extérieur. Tandis que dans ceux-ci la mise en scène reste sommaire et tout à fait approximative, elle est traitée dans celui-là avec les plus grands soins, tant dans l’ensemble de la décoration que dans tous les détails du matériel figuratif.

Quand Van Buck et son neveu arrivent près du lieu où doit se rendre Cécile, Valentin, en quelques mots, esquisse la mise en scène: «La lune se lève et l’orage passe. Soudain sur l’escalier d’honneur, supposé en dehors de la scène, éclate la marche nationale illyrienne. Nous ajouterons, ce qui résulte des idées déjà exposées et sur lesquelles nous reviendrons, qu’on doit dans la mise en scène se rapprocher de la sobriété et de la discrétion de la mise en scène idéale, dans la proportion où l’oeuvre représentée s’approche de la perfection.

Seules les sensations optiques sont directes. En suivant le développement historique du théâtre, qui se conforme aux révolutions sociales, on voit les types de théâtre se multiplier et se compliquer à mesure qu’on s’approche de l’époque actuelle, et au contraire diminuer et se simplifier à mesure qu’on remonte dans le passé.

Cependant, comme il est nécessaire que tout sujet soit délimité, je maintiendrai la distinction au moins apparente qui sépare l’art dramatique de l’art théâtral. Le choeur fut d’abord le personnage principal et pour ainsi dire unique du drame; après Eschyle, à l’époque de Sophocle, d’Euripide et d’Aristophane, il conserva encore, sinon sa prépondérance dramatique, au moins toute sa magnificence et toute sa puissance poétique.

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