On peut donc désirer que les poètes n’abusent pas de ces représentations qui sont de nature

En dehors de ce cas, il est clair que l’intérêt même de l’exploitation est lié à la sûreté de jugement du directeur; car, s’il parvient à tirer quelque profit d’une oeuvre faible au moyen de quelques dépenses de mise en scène, d’un autre côté, ce serait une dépense perdue et par là inintelligente que de se résoudre aux mêmes frais pour une pièce qui ne l’exigerait pas. Ainsi compris, l’art de la mise en scène aurait sa fin en lui-même, ce qui serait, pour qui réfléchit, son anéantissement, car il deviendrait, ici, l’art du peintre, là, l’art de l’architecte, là, l’art du sculpteur, là, l’art du tapissier, etc.

Premièrement, les êtres humains ne peuvent s’abstraire des milieux où ils sont nés, où ils se sont développés et qui déterminent leur mode de sentir, leur mode de penser et leur mode d’agir. La mise en scène a ainsi acquis une plasticité qu’elle n’avait pas autrefois, et sur ce point semble se soumettre ou tout au moins se prêter aux théories de l’école réaliste ou naturaliste, dont le plus grand tort est de vouloir précipiter une évolution, qui, ainsi que nous le verrons plus loin, amènerait fatalement une déchéance de l’art, si elle n’était modifiée et retardée par une lente diffusion de la culture générale de l’esprit et par un relèvement graduel de l’idéal artistique.

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