Non, le mobile qui nous pousse au théâtre n’est pas aussi désintéressé qu’on le pense; nous

Ce ne sont là cependant que les dehors les plus apparents du sujet, car, en y regardant bien, la mise en scène se confond presque avec l’art dramatique, et c’est dans le cerveau même du poète qu’il faudrait en commencer l’étude.

Supposons qu’une actrice, ayant créé il y a vingt ans le rôle d’une convulsionnaire, dût de nouveau en créer un semblable aujourd’hui, devrait-elle se contenter de reproduire identiquement le jeu de scène qui lui a valu jadis un succès? Nullement, car les idées que nous avons aujourd’hui sur les névroses sont sensiblement différentes de celles que nous avions il y a vingt ans. A ce moment, les dix-huit cents spectateurs qui emplissent la salle sentent l’âme de Fritz s’ouvrir aux accents pathétiques des instruments à voix humaine, et tout ce qu’il a fait de bien, de bon, de juste dans sa vie remonter à son coeur, et le réparer de sa beauté morale au milieu de cette scène de vulgaire sensualité.

Un acte est une division dramatique qui doit avoir un commencement et une fin, dont toutes les parties sont indissolubles, et dont par conséquent la représentation ne doit pas offrir de solution de continuité pour les yeux, puisqu’elle n’en offre pas pour l’esprit.

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