Imperfections de la mise en scène réelle

Quand on transporte le monde extérieur, objets ou phénomènes, sur la scène, on n’en donne naturellement qu’une copie, qu’une imitation.

Il y a eu transposition d’effets. La musique y vient donc en aide au pathétique; mais, point important à noter, elle reste complètement en dehors de l’action.

Ici, il faut que les regards du spectateur se reposent avec plaisir, comme ceux de Fritz, sur les moindres détails de l’ameublement, sur le service de table et sur le linge que la gouvernante étale avec orgueil et complaisance. Cette ample pièce d’étoffe, d’un caractère bien antique, ne joue pas, dans la mise en scène de nos tragédies, le rôle qui devrait lui appartenir. Si l’un d’eux doit représenter une scène de folie, ira-t-il à Bicêtre étudier un fou particulier dont il s’efforcera de reproduire identiquement les airs, les gestes et toutes les manies? Non pas; mais il cherchera dans une visite générale à rassembler dans sa mémoire les traits communs qui se retrouvent dans tous les fous d’une même catégorie; surtout il s’efforcera, par une attention toute subjective, de tirer des ténèbres de son esprit l’idée qu’il se fait d’un fou et de bien se pénétrer, pour les reproduire, des traits qui composent cette image idéale.

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