La mise en scène peut-elle nourrir l’ambition réaliste de rendre visible au spectateur tout ce qui,

Un obstacle qu’il lui faudra tourner est précisément la grandeur de la scène. _L’Ami Fritz. Dans ce tableau, la mort et la folie étaient, contre le voeu de l’auteur moins poignantes que le décor; et par conséquent la réalité tragique de celui-ci avait détruit d’avance l’effet que l’auteur devait attendre de ce double dénouement. Quand la situation est de nature à faire éprouver au spectateur un sentiment quelconque, l’orchestre s’en empare, ajoute à la sensation éprouvée toute la puissance musicale, détermine dans l’être du spectateur un ébranlement nerveux, jette l’âme dans un trouble profond et la tient sous l’empire d’un sentiment assez intense pour qu’elle ne puisse se soulager que par les larmes du poids qui l’oppresse. C’est son honneur et sa gloire de monter parfois des oeuvres qui ne soient susceptibles de plaire qu’à un public restreint, mais délicat et lettré. Mais à la fin du premier acte, combien change la situation! En apprenant la mort de Thésée, Phèdre reste saisie, immobile, silencieuse, ouvrant l’oreille aux perfides conseils d’Oenone, qui ne vont que trop au-devant du coupable espoir qui lui fait horreur.

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