Outre qu’il serait absurde de couvrir la voix de l’acteur, il sait qu’il ne produira d’illusion

D’ailleurs, il est clair que certains objets sont plus caractéristiques que d’autres. Sans doute la plupart des spectateurs sont armés de lorgnettes qui comblent en partie cette distance, mais il n’y a pas à s’arrêter à cette objection; car, s’il y a un fait certain, c’est que la lorgnette est destructive du plaisir théâtral, puisqu’elle a pour effet de rompre l’illusion que l’on a eu quelquefois tant de peine à produire. Ainsi, dans le dénouement de l’_Aventurière_, Clorinde est sur la ligne optique, tandis que les autres personnages sont placés à droite et à gauche de la porte par laquelle elle va sortir.

Mais nous touchons là à un autre ordre d’idées qui a besoin de quelques développements. C’est le lieu scénique par excellence, d’où l’acteur tient le public sous son empire et d’où sa voix porte sans effort jusque dans les profondeurs de la salle. Au lever du rideau, le peuple est à genoux, tendant ses mains suppliantes vers le palais d’Oedipe. L’espace et le temps sont d’ailleurs deux concepts corrélatifs qui ne peuvent s’expliquer l’un sans l’autre.

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