Dans nos théâtres, si tous les spectateurs étaient assis et dirigeaient leurs regards, comme cela serait

En un mot, il faut contre-balancer, par l’emploi des arts accessoires, ce que l’effet direct de la poésie sur l’esprit du spectateur serait impuissant à obtenir. C’est là une raison toute philosophique. Si elle paraît plus intense à la représentation des oeuvres tragiques, c’est que celles-ci exaltent notre sensibilité, et, comme d’une corde plus tendue, nous arrachent des tressaillements plus aigus. Ils n’auront jamais une attitude identique, Olivier s’abandonnant sans effort à une aisance familière, Raymond gardant toujours une certaine rectitude de maintien; ils ne feront pas un geste semblable, ni dans le même mouvement; ils ne s’assoiront pas, ne se lèveront pas, ne marcheront pas de même, et ils ne parleront pas sur des rythmes similaires.

L’esprit n’est sollicité en rien à chercher un rapport entre cette scène et une scène subséquente qui ne viendra jamais.

Éléments de statique théâtrale. Il y a quelque chose de cela dans ce que les Anglais appellent l’_humour_.

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