C’est cet art exquis, joint au labeur consciencieux et à l’incomparable talent des comédiens, qui fait

Le fond du théâtre devrait s’ouvrir derrière le trône où est placé Joas; et le public devrait apercevoir, jusque dans les derniers plans du théâtre, les masses nombreuses des lévites armés. C’est pourquoi nous ne verrons jamais se produire une pièce naturaliste, telle que les adeptes de l’école l’imaginent dans leur naïveté esthétique.

Or cette sensation, ce n’est pas la pitié que nous inspire Iphigénie qui nous la donne, ni la double anxiété de Chimène, ni l’enthousiasme contagieux de Pauline, ni la rage d’Hermione; non, cette sensation, dont le dieu nous secoue après avoir secoué le poète, n’est autre chose que la sensation du beau, c’est-à-dire ce trouble presque superstitieux de stupéfaction et d’admiration qui s’empare de nous, lorsque nous voyons une ébauche faite de main d’homme se revêtir soudain des signes supérieurs de la vie dont la volonté divine a marqué le front de ses créatures. En même temps, les couches humaines les plus profondes, entraînées par le grand mouvement des révolutions s’élèvent comme une écume à la surface des sociétés et viennent d’elles-mêmes se placer dans le champ de ses observations.

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