Tous les jeux de scène, toutes les attitudes, tous les gestes, toutes les inflexions de voix

Oserait-on, par exemple, dans la représentation d’un drame oriental, étaler à nos yeux cet amalgame étrange d’objets européens et d’objets asiatiques qui dépare la vie des plus grands seigneurs, ce mélange bizarre des modes séculaires de Constantinople et des modes les plus vulgaires de Paris? De pareilles disparates, qui sont fréquentes dans la vie orientale telle que l’a faite le cosmopolitisme moderne, nous choqueraient à ce point que nous ne pourrions en supporter la vue. Corneille, Racine et Molière servent de conscience, soyons-en sûrs, à ceux-là mêmes qu’enivre la popularité, et que semble aveugler le contentement de soi-même.

Cette révolution esthétique s’accorde d’ailleurs avec nos idées métaphysiques, psychologiques et physiologiques actuelles. La méthode érudite consiste à suivre chaque jour le mouvement littéraire, à noter les faits à mesure qu’ils éveillent l’attention du public et les discussions critiques auxquelles ils donnent lieu dans les journaux et dans les revues; à extraire des ouvrages spéciaux les remarques utiles à l’éclaircissement du sujet; puis à classer les notes innombrables ainsi accumulées, a les répartir en un certain nombre de chapitres et à relier le tout au moyen des idées générales qui naissent du groupement des faits.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *