Si, en effet, un acteur s’ingéniait à reproduire trait pour trait telle façon extraordinaire de mourir,

Daudet. Je n’ai eu d’ailleurs à examiner ses théories qu’au point de vue particulier du théâtre. Mais j’en ai dit assez, il me semble; pour faire saisir la différence essentielle qu’il y a entre la mise en scène d’une pièce fondée sur un sentiment subjectif et celle d’une oeuvre où domine, dans les sentiments, la puissance objective des choses. En peinture, on se préoccupe à juste titre de la coloration et de l’intensité des reflets; il en sera de même au théâtre, et puisque notre tournure d’esprit elle-même se reflète sur les objets dont nous meublons notre vie, l’auteur et le metteur en scène devront s’attacher à satisfaire la prédisposition qu’ont les spectateurs modernes à chercher dans les objets le reflet des qualités morales ou intellectuelles du sujet.

C’est une nouvelle mise au point, qui dégage ce qu’il y a dans toute oeuvre d’essentiellement humain et d’éternellement beau. De la convenance dans la fantaisie. C’est cette différence qui tout d’abord frappe l’esprit du spectateur dès que la toile se lève et avant même que l’action commence.

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