La comparaison entre la peinture et la décoration théâtrale peut encore nous suggérer quelques réflexions importantes

Ce grand effet de clair-obscur, que le poète projette sur les êtres et sur les choses, leur donne un relief saisissant. Est-ce vraiment dans cet accoutrement flottant, sans chapeau et sans armes, que Théramène accompagnait Hippolyte? Il semble qu’il vienne de faire une promenade idyllique autour du lac de Génésareth. C’est là qu’est le danger immédiat; car l’homme est l’esclave des choses plus qu’il ne le croit. Dans _l’Ami Fritz_, c’est sur la ligne optique que Sûzel vient se jeter dans les bras de Fritz.

En résumé, la mise en scène est un art qui n’échappe pas aux conditions auxquelles sont soumis les autres arts. Mais les hommes, ai-je besoin de l’ajouter, sont de complexion différente. Il faut donc arrêter le caractère pittoresque de la décoration, son plus ou moins de relief et de profondeur, etc. Dans ses vers, pas plus que dans ses indications scéniques, il ne se contente de l’à peu près théâtral: il touche et façonne les objets du pouce de Michel-Ange et les revêt de la couleur du Titien.

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